Situé à la confluence de la Marne et de la Seine, le Val-de-Marne est particulièrement concerné par les risques de crues. Pas moins de 27 villes sont en zone inondable ce qui représente plus de 250 000 habitants.

Un peu d’histoire

1910, la dernière crue centennale

Paris, 1910. Des pluies torrentielles s’abattent sur toute la ville pendant des jours. L’hiver glacial a gelé le sol ce qui empêche la terre d’absorber l’eau qui ne cesse de s’accumuler en surface. Les rivières commencent à déborder et la Seine ne cesse de s’élever. Au 23 janvier, elle atteint son record : 8,62 mètres sur le Pont d’Austerlitz.

Pendant plusieurs jours, la vie à Paris s’arrête : plus d’électricité, plus d’eau potable, plus de déplacements. Le niveau de l’eau était tel qu’il fallait souvent entrer par le premier étage pour accéder aux habitations.
Il faudra plus d’un mois à la Seine pour rentrer de nouveau totalement dans son lit.

Le bilan est lourd pour Paris et sa banlieue : les égouts débordent, plus de 20 000 immeubles sont inondés, 30 000 maisons détruites, les champs ne sont plus cultivables…
Le commerce maritime est arrêté et les transports sont bloqués. Tout cela entraine des conséquences économiques importantes pour l’ensemble du pays. Le coût des dégâts est estimé à plus de 1,5 milliard d’euro.

La grande crue de 2016

En mai 2016, le mauvais temps s’abat sur une partie de l’Europe et la pluie s’installe. Petit à petit la Seine grossit jusqu’à atteindre en juin un niveau de 6.10 mètres. Néanmoins, elle ne dépassera jamais les 7 mètres (qui permettraient de la qualifier de « crue exceptionnelle »). Bien que de nombreux dégâts ont été à déplorer, nous sommes loin de la crue centennale de 1910.

2018, une nouvelle montée des eaux

Cette année-là, c’est non seulement la Seine mais aussi la Marne qui déborde. A Nogent-sur-Marne ou encore au Perreux-sur-Marne, les berges sont sous l’eau et le paysage est méconnaissable. Bien que les prédictions annoncent un niveau de plus de 6 mètres, la Seine n’atteindra finalement que 5,84 mètres à son pic le lundi 29 janvier tandis que la Marne se contentera de 5,34 mètres.
Au total, 1500 personnes ont dû être évacuées en Ile-de-France et autant de foyers ont été privés d’électricité, en particulier à Villeneuve-Saint-Georges.

Vers une nouvelle crue ?

Les changements climatiques et les faits historiques indiquent que de nouvelles crues sont à prévoir en Val-de-Marne. Comme son nom l’indique, une crue centennale a une chance sur 100 de se produire chaque année. Or, actuellement, nous n’avons pas encore atteint un niveau de montées des eaux suffisant pour penser que celle qui se produira certainement au XXIe siècle est déjà dernière nous.

Pont de l'Alma en 2016
Pont de l’Alma en 2016

Selon les estimations, si une nouvelle crue au moins aussi conséquente que celle de 1910 devait se produire, plus de 5 millions de personnes seraient touchées, 70% du trafic ferroviaire serait impacté pendant au moins 2 mois, 400 000 emplois seraient perdus…

Les villes de banlieue et en particulier de la petite couronne comme le Val-de-Marne seraient principalement impactés. En effet, les quais y sont moins hauts qu’à Paris, rendant les maisons et les entreprises plus vulnérables à une montée des eaux.

Néanmoins, les avancées sanitaires et technologiques ainsi que les plans de prévention établis depuis la dernière grande crue permettent de penser que, si la Seine déborde à nouveau, nous serions à même de mieux gérer les inondations.

Des travaux ont par exemple été entrepris en Ile-de-France pour limiter les dégâts. Quatre grands lacs de réservoirs ont été construits et des bassins de rétention doivent permettre d’endiguer les flux grâce à des digues paysagères.

Comment se préparer en cas de crue ?

PPRI, quèsaco ?

Les Plans de Prévention des Risques Inondations sont élaborés par les services de l’Etat dans le but de définir les mesures à appliquer dans les zones vulnérables aux nouvelles constructions mais aussi aux bâtis existants.

Ils s’appuient sur la carte des aléas et aboutissent à une carte de zonage réglementaire propre à chaque commune.

Les PPRI sont obligatoires depuis 1995 pour toutes les communes situées en zone inondables. Ils sont consultables dans les Préfectures et les Sous-préfectures.

Le Pont Mirabeau à Paris lors de la Crue de 2018
Le Pont Mirabeau à Paris lors de la Crue de 2018

Les actions du Conseil départemental du Val-de-Marne

Afin d’anticiper les éventuelles inondations à venir, le Département a mis en place plusieurs actions qui s’inscrivent dans la politique de prévention des risques d’inondation mise en œuvre.

  • Des exercices spécifiques sont organisés tous les ans pour les agents du Départements. Le but étant d’acquérir les bons réflexes d’intervention et d’organisation en cas de crise. Tous les services sont amenés à participer (bâtiment, voierie, éducation…) pour que chaque personne puisse anticiper au mieux.
  • Des balades sont organisées pour sensibiliser les riverains à avoir les bons gestes en cas d’inondation. Même si des stations anti-crues ont été installées afin de pomper la Marne, si les eaux venaient à monter aussi haut qu’en 1910, beaucoup de Val-de-Marnais seraient privés d’électricité, de chauffage et même d’eau potable.
  • Une vigilance accrue est apportée à l’entretien des 30km de murettes anti-crue, à la protection des berges et aux stations anti-crue.

Prévenir pour mieux guérir

Chaque citoyen peut, à son niveau, prendre des mesures afin de minimiser les conséquences s’il habite en zone inondable :

  • Ne pas installer sa chaudière et ses appareils électriques dans son sous-sol,
  • Ne pas garder d’objets de valeur dans sa cave,
  • Consulter le PPRI de sa ville,
  • Préparer un sac contenant des éléments de première nécessité (papiers, alimentation, vêtements chauds, médicaments…),
  • Stocker des bouteilles d’eau potable,
  • Garder les produits chimiques en hauteur ou dans un placard étanche,
  • Acquérir des dispositifs de protection permettant de minimiser les dégâts (sacs de sable, batardeaux, rampes…),
  • Etc.
Repère de crue au CDT Val-de-Marne
Repère de crue au Comité Départemental du Tourisme du Val-de-Marne

Plusieurs sites proposent également des outils d’information :

  • Vigicrues : le site recense les principaux risques de crues sur l’ensemble des cours d’eau de France. Une carte permet de se géolocaliser et savoir quels sont les risques actuels sur sa ville.
  • Episeine : le site a pour objectif de sensibiliser les populations aux inondations en Val-de-Marne. Une carte vous permet de savoir si votre logement risque de se retrouver sous l’eau. Il propose également de nombreux conseils et outils pour se préparer et ainsi limiter au mieux les dégâts occasionnés par un tel évènement.

Que faire en cas d’inondation ?

Si vous habitez à côté d’un cours d’eau, il est possible que lors d’une prochaine crue votre habitation soit inondée. Plusieurs conseils peuvent vous permettre de mieux gérer la situation :

  • Coupez le gaz, l’eau et l’électricité. Si ce n’est pas déjà fait, mettez les produits dangereux en hauteur.
  • Tentez de boucher toutes les ouvertures par lesquelles l’eau pourrait s’infiltrer.
  • Informez-vous et suivez les directives des autorités.
  • Installez-vous le plus en hauteur possible.
  • N’appelez les secours qu’en cas de nécessité absolue. Il est fort probable que ceux-ci soient débordés et il faut éviter de saturer les lignes.
  • Ne sortez pas de chez vous et garder bien vos animaux à l’intérieur de votre l’habitation.
  • Si vos enfants sont à l’école, ne tentez pas d’aller les chercher.
  • Ne prenez pas votre voiture qui peut devenir un vrai piège si les rues sont inondées.
  • Tenez-vous prêt à évacuer en cas de besoin.

Quand l’eau commence à redescendre et que le danger est écarté, munissez-vous de vos bottes et de votre pelle pour évacuer l’eau et la boue qui se sont infiltrés dans votre maison. Surtout, pensez à aérer toutes les pièces pour que les murs et le sol sèchent au plus vite. N’hésitez pas à contacter une entreprise spécialisées qui pourra vous guider dans les travaux à effectuer.

N’oubliez pas de prendre des photos, d’appeler votre assureur et de faire une déclaration de catastrophe naturelle pour percevoir des indemnités.

Malgré les risques de crue, les cours d’eau se révèlent être des lieux de promenade et d’activités de loisirs privilégiés tout au long de l’année.