Carte blanche à No Anger à Anis Gras

Dates

Le samedi 3 décembre 2022

  • Samedi : de 16h00 à 21h00

Description

Avec No Anger, Elena Chamorro, Lucie Camous

3 gestes : discussion, intervention et représentation d’artistes et chercheuses questionnant la politisation du corps en situation de handicap dans l’art. Intervention d’Elena Chamorro, chercheuse et autrice de Free Frida : la figure d’une artiste, entre able gaze et approches antivalidistes.

Le spectacle Quasimodo aux miroirs, de l’autrice, performeuse et chercheuse No Anger, : « En 1996, sortait le long-métrage Disney, Le bossu de Notre Dame. En 1998, était donnée la première de la comédie musicale, Notre Dame de Paris. Je suis une enfant des années 1990 ; j’ai regardé ce dessin animé et écouté assidûment la comédie musicale. Pendant toute mon enfance, j’ai donc côtoyé le personnage de Quasimodo, rare représentation du corps handicapé disponible et je me suis peu à peu construite avec cette narration. J’ai toujours eu une relation ambivalente à Quasimodo : je m’identifiais malgré moi à lui, je craignais d’être lui, je ne voulais pas être lui. Ce personnage et ce qu’on disait de lui me hantait ; j’ai peu à peu appris à l’habiter et à l’aménager à ma guise. C’est ce cheminement que ma performance décrira. Elle fera aussi le lien avec des concepts que je développe dans ma thèse, notamment les corps-repoussoirs. Ce concept repose sur l’idée que certaines représentations de corps, les corps fictifs, structurent un certain regard sur les corps, et reflètent les façons dont on montre les corps dans le monde social, notamment par le biais des productions culturelles. Ces fictions de corps fournissent souvent des modèles ou des contre-modèles auxquels le regard et les corps réels doivent se conformer ou non. Ce sont ces contre-modèles, ces images négatives de corps que j’appelle les corps repoussoirs. Ces corps repoussoirs permettent une sorte de mise en ordre parmi les corps réels, car, de même qu’il y a des fictions de corps qui disent ce que doivent être les corps, les corps repoussoirs prescrivent ce que ne doivent pas être les corps et les façons dont ils ne doivent pas se montrer. Comment, donc, Quasimodo m’a-t-il peu à peu appris à me croire un corps repoussoir ? Comment les logiques sociales, par le biais des productions culturelles, ont-elles façonné ma narration intime et construit de la vulnérabilité dans cette narration ? Alternance de textes lus et joués et de morceaux dansés. »

Discussion menée par Lucie Camous, chercheuse et commissaire d’exposition qui vise à créer des espaces de discussion et de réflexion qui permettent de penser collectivement les façons dont artistes, militant·es, chercheur·euses peuvent concevoir des démarches esthétiques et des grilles de lecture, afin de penser et d’exprimer les luttes antivalidistes.

Horaires

Tout public

Programme

Ce projet, lors d’un colloque de 2 jours à l’ENS de Lyon durant l’année universitaire 2022-2023, a déjà obtenu le soutien du Laboratoire d’Etudes de Genre et de Sexualité (LEGS, UMR 8238) et du Centre Max Weber (CMW, UMR 5238).

Des discussions sont en cours avec l’Office National pour la Diffusion des Arts, pour inscrire ce colloque dans la continuité du Cycle Handicap et Danse que l’O.N.D.A. et le British Council avait organisés, par visioconférence, en 2020-2021. Ce Cycle, auquel No Anger a déjà participé, traitait de l’invisibilisation des danseuses et danseurs handicapés et des biais (institutionnels, sociaux, spatiaux) qui entravent la présence de ces artistes sur l’espace scénique.

Dans la perspective d’une collaboration avec l’O.N.D.A, l’organisation de ce colloque permettrait d’offrir, à ceux et celles qui ont participé au Cycle Handicap et Danse, un temps d’échanges et de création dans un espace réel, ce qui n’avait jusqu’alors pas été possible, du fait du contexte épidémique. Le cycle conviait chercheur·euses, militant·es et artistes à repenser une historiographie qui n’invisibilise pas les mobilisations des personnes handicapées (Gildas Bregain, chargé de recherches au CNRS ; Jérôme Bas, chargé d’étude au Céreq ; Cécile Morin, doctorante en histoire ; Elisabeth Auerbacher, cofondatrice en mai 1973 du Comité de Lutte Handicapés), à exposer des pratiques de recherche qui se fondent sur l’expérience d’un corps handicapé (Anaïs Choulet-Vallet, doctorante en philosophie ; Marion Ink, docteure en sociologie et chargée de recherche à l’INSERM ; Charlotte Puiseux, docteure en psychologie et philosophie), à examiner les prismes dominants par lesquels la culture hégémonique perçoit les corps handicapés (Elena Chamorro, PRAG à l’Université AixMarseille) et à discuter des pratiques militantes et artistiques actuelles (Odile Maurin, présidente de l’association toulousaine Handi-Social ; Magali Saby, danseuse et comédienne ; Rizzo Boring, dessinatrice).

Tarifs

Gratuit

Situation