On a testé pour vous la visite du patrimoine roulant de la RATP

Après une arrivée matinale à la gare de Villeneuve-Triage à Villeneuve-Saint-Georges, notre groupe de visiteurs se retrouve, tous impatients de voir ce que la visite nous réserve. Nous avons rendez-vous pour découvrir un lieu chargé d’histoire : la réserve du matériel roulant de la RATP !

Première surprise : un authentique bus d’époque est à notre disposition pour rejoindre l’emplacement de la visite !

Bus d'antan de la RATP
Un ancien bus de la RATP ©A. Bertrand

En compagnie de notre guide Claire Morillon, nous commencerons par découvrir les métros puis les tramways et enfin les bus. C’est parti pour deux heures de découvertes !

Tous à bord du métro 1900 ! 

Claire débute par un point historique sur le métro. Sa construction débuta en 1895 et s’acheva en juillet 1900 : la ligne reliait alors la Porte Maillot à la Porte de Vincennes, desservant l’Exposition Universelle se tenant à Paris à la même époque. À l’origine, la Compagnie du chemin de fer métropolitain (CMP) exploite le réseau jusqu’à la création de la RATP en 1949.

Notre guide nous ouvre les portes d’une magnifique motrice réalisée en bois d’acajou. Nous grimpons tous à bord et sommes réjouis à l’idée de pouvoir prendre place sur les magnifiques sièges en cuir brodés, qui équipaient alors la première classe. La seconde classe, elle, était faite d’assises en bois. Aujourd’hui révolues, les classes de voyage perdurèrent pourtant dans le métro jusqu’en 1992.

Le premier métro de Paris
L’un des premiers métro de Paris ©A. Bertrand

Les étonnantes évolutions du métro

Nous poursuivons la visite par la découverte d’une pièce ancienne elle aussi.  Conséquence d’un incendie meurtrier en 1903, les motrices évoluent et pour la première fois la loge de conduite est construite en métal. Isolée du compartiment voyageur en bois, elle est ainsi moins exposée aux risques d’embrasement. L’une d’elles se dresse devant nous, en parfait état de conservation : l’imposante réalisation métallique se distingue clairement du reste de la rame !

Une ancienne motrice du métro parisien
Le métro 1903, en bois et métal ©A. Bertrand

Les années passent et le métro se transforme : la motrice de 1908 est un véhicule beaucoup plus moderne. Facilement reconnaissables au logo CMP estampillé sur des plaques émaillées, ces motrices ont roulé sur le réseau parisien jusqu’en 1974, avant d’être progressivement transformées en trains de travaux.  

Deux wagons colorés sur lesquels la mention « Nord-Sud » apparaissent et attirent l’attention de plusieurs des visiteurs. Claire nous fournit des précisions : il s’agit du nom de la société exploitant alors le réseau, la Compagnie Nord-Sud, parcourant la capitale du Nord au Sud.

Le métro de Paris à la gare de Triage de la RATP
Le métro de 1908 ©A. Bertrand

Elle entreprit également de décorer les espaces publicitaires actuels des stations des lignes A et B, qui devinrent les actuelles lignes 12 et 13 en 1930. Aux voûtes avec de grandes fresques fût ajouté un code couleur particulier pour chaque station : la couleur verte indiquait une station en correspondance ou un terminus. Lorsqu’ aucune station ne présentait ces caractéristiques, le marron était la couleur de choix. Les voitures avaient une double alimentation électronique et étaient équipées de suspension, améliorant sensiblement le confort des passagers.  

Dès les années 1930, les premiers prolongements du métro sont effectués vers la banlieue de Paris pour faire face à l’accroissement du trafic. La motrice verte Sprague-Thomson, présente dans le musée, fait partie de ces nouvelles rames alors mises en service. Elle fût exploitée jusqu’au début des années 1980 sur certaines lignes !

Un ancien métro de Paris
Une motrice Sprague-Thomson ©A. Bertrand

Le réseau se modernise avec la création de la RATP

La Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) est créée en 1949. Elle hérite alors d’un réseau en mauvais état et prend la décision de mettre à niveau le matériel roulant dans un premier temps.

Un prototype est testé : monté sur des pneumatiques, il permet une accélération et une décélération plus efficaces ainsi qu’une optimisation du confort pour les voyageurs. Les résultats probants encouragèrent la compagnie à développer ce type de métro pour moderniser l’ensemble de son réseau. La ligne 11 fût la première à en être  équipée en 1954, peu de temps avant les lignes 1 et 4.  Ces nouveautés sont flagrantes à l’œil nu sur la motrice présentée par la guide. Une chance pour nous, les portes de cet engin unique nous sont ouvertes ! Un saut dans le temps accentué par les publicités d’époque disséminées dans la rame en parfait état de conservation.

Prototype de la RATP à la gare de Villeneuve-Triage
Le premier prototype de la RATP ©A. Bertrand

Ce prototype fût agrémenté en 1952 du test d’une fonction de pilotage automatique ainsi que de pneumatiques et de roues en fer pour parer à une éventuelle crevaison.

Evolution du logo de la RATP
L’un des premiers logos de la RATP ©A. Bertrand
Evolution du logo de la RATP
Une évolution du logo de la RATP ©A. Bertrand
Evolution du logo de la RATP
Evolution du logo de la RATP ©A. Bertrand

Un peu plus loin, le logo de la RATP dans sa toute première version trône à l’avant d’une étonnante rame en inox, un autre prototype. D’autres motrices des années 1970 l’entourent, permettant de suivre l’évolution du logo de l’entreprise au fil des années. Le groupe est unanime quant à sa préférence, celui qu’arbore cette motrice de 1956.

À la découverte du tramway parisien !

Apparu dès 1855 et alors surnommé « chemin de fer américain » en raison de son origine, le tramway avait son réseau parisien. Le musée ne comporte qu’un seul exemplaire, électrique, et est facilement reconnaissable aux drapeaux français qui flottent à l’avant. Un par un, nous grimpons à bord de cette voiture où flotte un parfum d’antan grâce aux nombreuses boiseries, aux accessoires et à la sellerie en cuir, d’origine.

Trolleybus à la gare de Villeneuve-Triage
Le trolleybus Parisien ©A. Bertrand

Ce mode de transport subit une évolution notable en 1870 avec l’arrivée des premiers modèles tractés par des chevaux, mais le développement du système de bus précipita sa fin: la dernière ligne cessa de fonctionner avant la seconde guerre mondiale. Cependant, les tramways ont fait leur grand retour à Paris et dans sa proche banlieue depuis les années 1990, initié par la ligne entre Bobigny et Saint-Denis en 1992.

Après avoir découvert le patrimoine ferré, notre guide poursuit la visite commentée, direction l’annexe exposant les bus de la RATP.

Patrimoine roulant de la RATP
Les bus parisiens ©A. Bertrand

Le bus, un mode de transport plus que centenaire

Le réseau de bus est le plus ancien réseau de transport à Paris : il est apparu dès 1828. Dix années plus tard, 40 lignes parcourent la capitale ! Jusqu’en 1906, ces véhicules sont tractés par des chevaux avant d’être ensuite révolutionnés par les débuts de l’autobus.  Aucun exemplaire n’est présent dans le musée mais des illustrations permettent de les apprécier.

Deux exemplaires plus récents, des Renault TN des années 1930, sont présents : montée et descente s’effectuent par l’arrière sur ces véhicules mis en circulation en remplacement du tramway.  La vue de ces bus d’antan remémore de nombreux souvenirs auprès des visiteurs présents !

Bus de Paris au musée de la RATP à Villeneuve-Triage
Les premiers bus ©A. Bertrand

Notre guide nous présente, à côté, un modèle Somur, équipé pour la première fois de portes latérales et d’un poste de receveur dédié à la vente des tickets. Une première pour l’époque !

Des dizaines de bus sont exposés le long du parcours : un modèle Berliet de 1968, un prototype SC10 à plateforme, ainsi que d’autres TN6 utilisés lors des Journées Européennes du Patrimoine.

Bus d'antan à la gare de Villeneuve-Triage
Les bus d’antan ©A. Bertrand
Générations de bus de la RATP
Autres générations de bus de la RATP ©A. Bertrand

Une ancienne rame de la ligne de Sceaux, la célèbre automotrice Z de 1937, nous est ouverte pour clore cette visite.  Nous parcourons librement les deux classes de voyage, jusqu’à la cabine du conducteur. Sellerie brodée, luminaires, grands volumes : les conditions de voyage en première classe étaient remarquables pour ce train qui s’apparenterait aujourd’hui au RER.

Ancien plan de ligne de métro
L’ancienne ligne de Sceaux ©A. Bertrand

Deux heures se sont écoulées et il est déjà temps de remonter dans le bus qui nous ramène à la gare.  Un dernier saut dans le temps, avant de retrouver la rame moderne du RER D pour le trajet du retour.

Merci Claire pour cette visite enrichissante et chargée d’histoire !

Vous aussi, prenez part à cette visite de découverte du patrimoine roulant de la RATP en réservant sur notre site web.

Je réserve ma visite du patrimoine roulant de la RATP

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur l’histoire des transports à la RATP, consultez les fiches « les lignes d’histoire »  !

Touriste en Val-de-Marne, je possède plus de paires de chaussures que de place dans mon appartement.

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